Les Hypnos du cœur se souviendront longtemps de l’intervention de Bernadette Arnaud,  Praticienne de Soins en Toucher-Massage et Formatrice en Toucher-Massage. Ce fut pour eux l’occasion de se reconnecter avec l’intention du toucher, que l’on peut retrouver dans les séances d’hypnose, lors d’un ancrage physique par exemple. C’est dans son cabinet du 14ème, cocon agréable et fort en vibrations positives, que Bernadette m’a reçue pour répondre à quelques questions…

 

Bonjour Bernadette, tout d’abord, parlez-nous de votre parcours de vie…

Mon métier est un métier de choix, un métier de soin et d’accompagnement, qui est la continuité de ce que j’étais avant puisque je travaillais dans le soin en maternité. En 1992, je me suis engagée dans une formation qui m’a permis d’approfondir, d’aller communiquer avec l’être d’une autre manière. A l’issue de cette formation, je suis devenue praticienne de soin de bien-être et formatrice, pour sensibiliser le personnel soignant, dans les hôpitaux et le soin à domicile.

Depuis j’ai pu expérimenter et m’enrichir, grâce à d’autres formations. Mon soin a évolué et il ne fait qu’évoluer dans ma pratique, qui est très enrichissante…

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le toucher thérapeutique ?

On l’appelle le toucher thérapeutique mais aussi le toucher-massage ou le toucher énergétique. Mon soin est holistique au niveau du toucher ; je tiens compte la personne dans sa globalité.  C’est toucher l’être de la tête aux pieds, dans sa verticalité, son axe et dans son ouverture, dans le cœur. C’est une écoute de l’être, je sculpte les corps pour les rendre plus vivants… Certaines personnes sont déjà dans cette énergie et ont besoin juste de s’entretenir, d’être bien reliés à leur corps – leur « véhicule » comme je dis… Mais beaucoup d’autres personnes n’habitent pas leur corps. J’ai à cœur de venir leur donner cette vibration, ce ressenti, par le toucher, dans leur être. Le massage a été pour moi une révélation, c’est toujours ce que je continue de donner au mieux. J’utilise aussi d’autres supports, comme les plantes – je suis très reliée à la nature… J’utilise la quintessence des plantes, les huiles essentielles, sous la forme de respiration, en olfacto, pour donner une bouffée d’oxygène, apporter de la joie, du plaisir. Dans le soin, mes massages sont enrichis par ces essences de plantes, qui en font un massage thérapeutique.

Pour quels types de demandes les gens viennent vous voir ?

Pour tous types de demandes… J’accueille l’âme où elle est sur le chemin, car j’ai moi-même pris un chemin, je me suis ouverte sur certaines choses et me suis libérée d’autres choses…Nous sommes en perpétuelle évolution ! Je ne suis pas sectorielle, j’accueille des enfants amenés par leur maman à un passage de vie délicat, des familles entières (souvent la mère vient et en parle à son mari puis ses enfants). J’ai même plusieurs générations dans une même famille.

Le massage tisse des liens… Je fais ce métier avec une grande passion.

Comment se passe une séance ?

Chez moi, on n’entre pas pour tout de suite « aller sur la table de massage ». Le client s’assoit en face de moi, je l’accueille et remplis une petite fiche, puis je fais une petite anamnèse pour discuter de son parcours de vie et le questionner sur ce qui l’amène, ce qu’il y a de plus ou de moins, ce qu’il attend.

Après ce temps d’écoute, je l’invite à  aller sur la table, dans le respect de ce qu’il /elle est, et où il/elle en est. Certaines personnes ne sont pas prêtes à ce qu’on touche leur corps par exemple. Je sens comment la personne peut être, donc j’y vais avec parcimonie, j’adapte, j’apprivoise ces corps parfois « cabossés par la vie »…

Que pensez-vous de la place du toucher dans notre société actuelle ?

Ce que je ressens, c’est que nous sommes dans une société qui veut aller très vite et communique surtout avec le virtuel. Hélas, le rapport avec l’être en direct est vraiment un acte de présence, ramener la personne dans l’instant. Dans les sociétés, surtout les grandes villes, on ne sait plus communiquer par ce sens-là.

On est dans l’ère de l’image, mais on passe à côté de quelque chose de vivant.

Dans ce monde qui bouge en permanence, particulièrement en ce moment avec toutes ces vagues d’énergies négatives, nous avons tous besoin d’être reliés entre nous, mais aussi chaque être doit être connecté à son être profond. Plus que jamais, il va y avoir beaucoup de troubles physiques. Le massage a toute sa raison d’être, pour que les gens retrouvent leur densité corporelle.

Comment pensez-vous que votre pratique et l’hypnose peuvent-être complémentaires ?

J’entends parler de l’hypnose depuis longtemps… Cela vient frapper chez moi de plus près. Dans mes relations amicales,  j’ai une amie qui a fait une formation, et qui a changé grâce à l’hypnose… Puis j’ai découvert les Hypnos du cœur, dont j’ai franchi la porte, et de là, j’ai accueilli une thérapeute en hypnose pour venir travailler dans mon cabinet.

C’est un outil complémentaire…  En tant que thérapeute nous avons chacun notre champ de compétence dans lequel nous sommes très à l’aise. Pas la peine de chercher à faire une multitude de choses. Restons chacun dans ce que nous sommes. Les hypnotiseurs et moi pouvons travailler à accompagner l’autre… Ca m’a donné l’envie de creuser.

Selon vous quel avenir pour toutes ces médecines douces ?

Aujourd’hui-même, avec tout le trouble actuel, il va y avoir une prise de conscience… Le monde est en train de changer. Ce n’est pas dans notre culture, ça se met en place doucement. Cela va vers une évolution indispensable pour que chaque être sache ou il en est, ce qu’il est, et vers quoi il veut aller. Il faut donc des moyens thérapeutiques pour consolider l’être…

Lorsque vous êtes venue nous voir aux Hypnos du cœur, vous nous avez expliqué qu’en tant que thérapeutes, nous devions prendre particulièrement soin de nous… Quelles sont vos astuces de thérapeute ?

Les thérapeutes doivent être au service de l’autre, c’est à dire souriants, positifs et bien dans leur être… Je leur demande souvent ce qu’ils font eux pour aller bien et donner à l’autre toujours le meilleur. On ne peut donner à l’autre que ce que nous sommes… On peut maîtriser la théorie mais dans la pratique, on est avec un être humain. On ne reste jamais dans son fauteuil tranquille ! Il faut constamment se remettre en question : « Qu’est ce que j’ai à comprendre ? ». De plus, il faut faire attention à l’effet miroir ; il faut être bien, dans son axe, bien aligné…

Il faut se donner les moyens d’une hygiène de vie pour être en harmonie et équilibré. Si je sens qu’un point me déséquilibre trop, je fais attention. Je ne peux pas être bien dans ma vie professionnelle si je ne suis pas bien dans ma vie personnelle. Il faut connaître ses limites, connaître ce dont nous avons besoin pour pouvoir se ressourcer, pouvoir dire « stop » si nécessaire.

Moi je sans que j’ai besoin d’un cadre qui me nourrit… La nature est mon alliée : je vais me ressourcer en forêt, je fais du vélo, je respire… Je fais tous les jours ma pause sur mon tapis,  avec le yoga et la méditation… C’est un entretien qui est nécessaire.  Je respire mes huiles essentielles, je me frictionne avec mes huiles essentielles… Tout thérapeute a eu une remise en question dans sa vie… J’aime ce que je fais, j’ai une passion pour ce que je fais, c’est très important. Aussi souvent sur ma table les gens disent « Oh quel bonheur, quel bonheur ! »… donc je suis une praticienne de bonheur !

Propos recueillis par Emilie Pernet